25 octobre 2008

Sabourin, du sanatorium à l'architecture

Sabourin, l'ancien hôpital sanatorium construit dans les années trente et désaffecté depuis 1997, engage une seconde vie.

C'est ici que doit s'installer, d'ici 2012, l'Ensa, trop à l'étroit, boulevard Côte-Blatin avec ses 600 étudiants. L'Etat s'est porté acquéreur du site en 2002. Le 10 juillet 2008, le jury a choisi le cabinet parisien Du Besset-Lyon Architectes parmi cinq candidatures.

Pour l'essentiel, l'ossature, les façades seront conservées et réhabilitées. L'ensemble de la structure existante doit être renforcé pour répondre aux normes antisismiques. L'intérieur deviendra un lieu ouvert, équipé de de vastes ateliers dépourvus de poteaux. Deux amphithéâtres, une grande bibliothèque, un lieu d'exposition occuperont une partie de l'espace. Les locaux destinés à la vie étudiante seront placés à l'immédiate proximité de l'entrée au rez-de-chaussée, le long de la façaade d'accès au nord. A l'opposé, la façade sud-est, offrira une zone de circulation et un effet de panorama sur un paysage ouvert.


Voici la présentation du projet par les architectes :
"Il s’agit de transformer en Ecole d’Architecture un Sanatorium. Un parfait exemple d’architecture fonctionnaliste radicale changera donc radicalement de fonction.
Afin de préserver l’esprit rationnel du bâtiment existant et d’en faire un modèle de cohérence architecturale pour les futurs étudiants, notre projet est une reconversion pure.
Nous avons choisi d’exprimer très directement les nouvelles fonctions essentielles à la vie de l’école d’architecture. Ainsi, les locaux destinés à la vie étudiante sont placés, proches de l’entrée, au rez-de-chaussée, en vitrine le long de la façade d’accès. La rationalité et la commodité évidente de ce choix ont conduit à détruire deux escaliers monumentaux. Si la fonctionnalité est une forme de pureté, ainsi que l’architecture du bâtiment Sabourin tend à l’établir, alors l’expression fonctionnelle si simple que nous proposons pour signifier dimension collective de l’école n’altère en rien l’esprit exigeant du bâtiment Notre projet tient en cinq points :
1)Idéalement le bâtiment Sabourin est isolé dans un vaste paysage. Ce rapport essentiel entre construction et nature est restitué dans toute sa clarté :
- le parc est constitué d’une seule pièce : il enserre le bâtiment, et retrouve la dimension territoriale du site qui joint ville et campagne.
2) Le bâtiment Sabourin isolait les malades, aujourd’hui il est organisé autour des lieux de vie collective :
- l’essentiel de la vie étudiante est regroupée au rez-de-chaussée.
- les circulations sont des lieux de vie collective.
3) Le soleil était la raison d’être du bâtiment. De nouvelles applications sont données à ce principe :
- La façade d’entrée, au nord, n’est plus l’arrière assombri de la façade sud. Le soleil y joue. Il est détourné par un jeu de réflecteurs. Un site solaire est créé.
- Les circulations dans les étages sont placées au sud pour servir de tampons thermiques et pour palier les inconvénients du rayonnement solaire dans les zones de travail.
4) La minceur du bâtiment est exploitée : les circulations sont placées le long de la façade Sud. Elles permettent de retrouver, lors de la déambulation, l’effet de panorama sur un paysage exceptionnellement ouvert.
5) Le bâtiment Sabourin est une construction rationnelle qui doit s’adapter aux nouveaux impératifs de la sécurité sismique et incendie.
- La structure existante a été doublée pour répondre aux normes sismiques.- Le profil normalisé de la voie pompier implantée le long de la façade Sud règle le rapport entre le bâtiment et le jardin en terrasses
."


Qualifié d'éco-construction, le projet l'est à plus d'un titre : la zone de circulation permettra de créer une zone thermique tampon. En outre, la façade d'entrée au nord ne sera plus l'arrière assombri de la façade sud. Le soleil y jouera. Il sera détourné par un jeu de réflecteurs, expliquent les concepteurs. Des panneaux solaires photovoltaïques complètent le dispositif.

Pour les nostalgiques, quelques images du bâtiment dans un court-métrage réalisé en 2006 en partie sur le site : When the wind blows.

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